Dans le dictionnaire, la définition de cuisinier-ère est : une personne dont le métier est de faire la cuisine ou personne qui sait faire la cuisine. C’est simple non ? Mais un même temps être un cuisinier-ère, c’est tellement plus. Amour et passion sont les ingrédients principaux pour faire ce métier, sans ça, il est impossible de l’exercer toute une vie. Travailler en cuisine est un métier physique, avec des horaires inhabituels ce qui implique de faire des sacrifices autant de sa vie de famille, de couple, que de sa vie sociale. Mais pourquoi autant de sacrifices ? Nous vivons au fil des saisons, nous profitons de ce que la nature nous offre, nous la transformons pour donner du bonheur, nous créons des souvenirs avec les odeurs, et surtout nous partageons des histoires. Voilà pourquoi j’ai fait le choix de faire ce métier, cependant pas toujours facile de garder le cap avec une tête aussi rêveuse.

Les émotions, cette fois-ci, tout le monde les connait, enfin les côtoient au quotidien, mais certaines personnes cohabitent avec mieux que d’autres. Une émotion, c’est loin d’être ce truc encombrant, inutile que certains peuvent penser. C’est un mécanisme clé qui a pour fonction de guider nos comportements. On peut identifier différents groupes d’émotions certaines relèvent de la tranquillité, de la joie, de la surprise, d’autre de la colère, du dégoût, de la peur, de la tristesse et aussi de la déconnexion de soi et de ses besoins. Donc pas facile de toujours les contrôler, ou je dirais plutôt de les comprendre, les apprivoiser. Les émotions font partis de nous qu’on le veuille ou non, voilà un vaste sujet à explorer et à comprendre.

Et me voici, aujourd’hui, un peu plus de 10 ans après avoir mis les pieds dans une cuisine professionnelle pour la première fois. Une histoire complice entre moi et mon métier de cuisinière, j’ai appris à l’aimer, le valoriser, il m’a fait vivre des moments inoubliables, il m’a également fait voyager, tout cela jusqu’au jour où j’en suis venu à le détester, il était devenu trop dur, trop épuisant, trop contraignant, bref, je n’en pouvais plus. Lui et moi avons été proches de la rupture, notre relation à changé, il ne me faisait plus autant rêver, je ne comprenais plus pourquoi je faisais ce métier si moi-même, je n’allais pas bien. Puis le voyage à continué, mon métier est passé en second plan, mon affection pour lui s’était volatilisée.

Les rencontres, les découvertes et les richesses de notre vie nomade ont cohabité avec des tonnes de questionnements, de doutes, de peurs, d’incertitudes et d’émotions qui font les montagnes russes. Petit à petit, sans vraiment m’en apercevoir, mon métier à refait son apparition à mes côtés pour m’aider dans cette aventure (il ne m’avait jamais vraiment quitté mais je n’y portais plus d’attention). Cette fois, je le découvrais avec un nouveau regard, loin de la pression connue par le passé où j’étais libre de l’apprivoiser comme je le voulais. En chemin, j’ai trouvé des réponses à mes questions, j’en cherche encore, d’autres ont fait leurs apparitions, à petit pas, j’ai compris que rien n’est une certitude, que rien est figé dans le temps, que tout change qu’on le veuille ou non et surtout que tout est possible, il suffit d’y croire, croire en nous et croire en ses rêves.

Donc me voici en Roumanie depuis un peu plus d’un an où j’apprivoise la cuisine, mon métier, avec douceur en le mélangeant à mes émotions, en explorant mes ressentis, en y incorporant mes découvertes sur l’épanouissement personnel. Parce que oui, la vie au bout du monde amène son lot de surprises et je suis convaincue que mes découvertes peuvent être utiles à d’autres. Donc, voilà, je suis fière d’être une « Cuisinière d’émotion ».

Stéphanie