Dans le monde entier, la cuisine est présente. Elle a une histoire, une culture…etc Mais c’est également l’histoire de tout un chacun. Ça peut être une histoire d’amour depuis l’enfance qui nous rappelle de doux souvenir. Ou au contraire une histoire difficile, que nous préférons oublier. Ou une absence d’histoire, nous n’avons jamais vraiment été proche de la cuisine, c’est un terrain inconnu, qui parfois nous donne des frissons dans le dos. Des personnes de même famille n’auront pas nécessairement la même histoire avec la cuisine.

À travers cet article, j’ai envie de me pencher sur un plat en particulier, le plat identitaire. Mais qu’est-ce qu’un plat identitaire ? Un plat identitaire, c’est un plat qui parle de nous, de nos racines, de notre enfance, de notre histoire propre à la cuisine et de nos premières expériences gustatives. C’est le plat auquel nous rattachons de bons souvenirs ou certain moins agréable. C’est le plat qui nous vient à l’esprit quand nous fermons les yeux et qu’on se pose ces questions : « Quel est mon plat identitaire ? » « Quel est le plat qui parle le plus de moi ? ». Peut-être qu’en une fraction de second nous savons duquel il s’agit, ou au contraire, il nous faut chercher un petit peu dans notre mémoire pour savoir quelle est le plat qui parle le plus de nous.

Je me suis lancé à faire ce petit exercice, tirer du livre « Dis-moi comment tu cuisines et je te dirai qui tu es ! » D’Emmanuelle Turquet, Cuisine thérapie. Au premier abord, je cherchais un plat travaillé, qui a de la « gueule ». Je suis cuisinière, je me suis dit, je dois obligatoirement avoir un plat au top, irréprochable, haut en couleur et en saveur. Mais je ne trouvais pas « LE » plat qui parle de mon identité. Donc j’ai pris le temps de bien y réfléchir, je voulais trouver « MON » plat identitaire. J’ai décidé de m’enlever cette pression que je liais à mon métier et à l’idée que je devais démontrer quelques choses aux autres. Parce qu’aux finales cet exercice, je le faisais uniquement pour moi. Donc je pouvais m’enlever la peur du regard des autres. À travers ce plat, on parle des souvenirs, de la mémoire des odeurs et des émotions qu’il nous renvoie. Sommes-nous capables de le partager avec d’autres ? Si oui, est ce avec n’importe qui, ou seulement avec des personnes proches de nous ? Sommes-nous fier de ce plat ? Que représente-t-il à nos yeux ?

Je te dévoile, mon plat identitaire et le travail que j’ai fait sur lui. Le voici, le pain au saucisson, il n’y a rien de très originale ou glamour, mais je me revois petite fille, rentré dans la cuisine familiale et sentir l’odeur de ce pain en fin de cuisson, que ma maman avait pris le soin de confectionner, une odeur chaude et salé s’échappant du four. Attendre avec impatience le repas du soir pour pouvoir le déguster. Si par chance, nous ne le mangions pas entièrement le soir, mes sœurs et moi étions autorisé d’en prendre un morceau pour la récré du lendemain. Un délice et la nostalgie d’un temps révolu. Dans ce pain, je retrouve tous mes souvenirs d’enfance et l’insouciance d’un autre temps. Maintenant, quand je retourne en Suisse, il est fréquent que j’emporte un saucisson dans mes valises pour avoir le plaisir de le préparer et de le déguster de retour dans mon chez-moi au bout du monde. Cependant ce plat je ne le partage pas avec n’importe qui. Je le partage avec ma famille proche, ou des personnes venant du même milieu. Je ne m’aventure pas à la partager avec des « inconnus » de peur de leur jugement.

Tout le monde à son plat identitaire, et je souhaite remercier tout particulièrement Valérie, Carine et Suzanne pour leurs témoignages au sujet de leur plat identitaire, que je te partage ici.

Valérie, m’a partagé que la fondue au vacherin (spécialité du terroir fribourgeois) est son plat identitaire. Voici son commentaire, « la fondue vacherin, c’est un repas qui regroupe, on est tous autour du caquelon pour une bonne ambiance familiale ou amicale. On en mange depuis mon enfance. J’ai appris à la faire parfaitement avec ma marraine et mon cousin au restaurant le Fribourgeois. Bref, c’est quelque chose que j’adore et que j’aime partager. »

Pour Carine, ce sont des pommes de terre rissolées à la poêle ! « C’est un plat que nous mangions quand nous allions chez mon grand-père donc un souvenir d’enfance pour moi. »

Et finalement, pour Suzanne, se sont « des cornettes au beurre et tomates farcies au thon, appris à cuisiner à l’école ménagère. »

Et toi, connais-tu ton plat identitaire ?
Cuisine Horizon